16
juil
2010
0

les fanas du courriel

comment font ces gens qui passent leur journée devant l’ordinateur, fouillant les entrailles d’internet, y piquant tous les articles susceptibles de nourrir leur soif de militantisme et ce qu’ils croient être le premier de leur devoir : nous inonder de leurs trouvailles, nous obliger à avaler des centaines de lignes quotidiennes sur ce qui les scandalise! J’en ai une telle indigestion que j’appuie sur la croix rouge de “supprimer” avant de consulter tous ces débats interminables et qui touchent tous les sujets.  Si du moins, ils nous faisaient rire! Même pas; Ils se prennent tellement au sérieux.! Mais quand vivent-ils comme tout le monde!  Ils sont pires que des extraterrestres.

Mes chers ami(e)s atteints de cette grave maladie, je vous en supplie, arrêtez les dégâts; trop d’informations tue l’information…Sachez étaler vos renseignements il y a des choses bien dans ce que vous dites, bien sûr, mais c’est comme des gros paquets de mer qui vous assomment et vous donnent l’impression d’incapacité totale!  et vous ne parlez jamais de la vie de tous les jours, des choses simples mais tellement importantes, des choses qui créent les liens; sans ça, rien n’avancera. et les plans si bien conçus soient-ils, se solderont par un échec.Les “démos savaient le faire”. Pourquoi ne pas continuer dans cette ligne. Il me semble voir le visage sérieux de certains d’entre ces militants, si préoccupés de l’état du monde (c’est vrai, c’est un désastre!) mais l’expression dramatique de leur visage ajoute encore une nouvelle couche de dramatisation à cette triste réalité.

Le mouvement AC – et quel beau  mouvement!- s’est cassé la figure à cause d’un groupuscule qui voulait faire une multitude d’actions; leurs phrases préférées: “Y’a qu’à  faire  ceci, celà…”et “ne soyons pas des réformistes!” Finalement ce groupuscule est resté seul et ils se sont cassés la figure malgré leurs idées révolutionnaires…

Bon les amis, répondez-moi; donnez des idées. Je vous avoue que pour la première fois de ma vie, à 78 ans, j’ai l’impression d’être devant un mur; mais je sais qu’un jour ou l’autre il tombera aussi si on ne baisse pas les bras; Amicalement Gaby

Ecrit par gaby dans : Au jour le jour.... |
27
juin
2010
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Lettre aux taggers de ma rue

 

Tous les matins, je monte ma rue jusqu’au sommet de la colline pour dégourdir mon corps. C’est mon sport préféré, celui qui me demande le moins de courage… Et puis tout en marchant et en soufflant, j’ai de quoi me distraire sur  six cents mètres,  grâce aux inscriptions des taggers qui  désespèrent la plupart de mes voisins.

Je vous écris chers taggers pour vous demander quelques explications, car je ne suis pas aussi cultivée que vous; faut savoir parler aux gens d’une façon simple, sinon on comprend de travers et c’est dommage.

Voici ce que vous écrivez:

-“Le travail est ce que l’homme a inventé de mieux pour ne rien faire de sa vie!

Macarelle! J’entends déjà la réaction  de l’ouvrier qui revenant chez lui  fatigué, après une dure journée de labeur, lit cette phrase: “ces mecs nous prennent pour des cons ! Comment font-ils pour vivre allongé sur une chaise longue? Ils se laissent nourrir par les autres? Bien sûr c’est plus agréable!”

Quand je faisais partie du mouvement des chômeurs AC (Agir ensemble contre le chômage),  certains disaient: “je ne veux pas travailler, car je nourrirais le capital.” Et ils se contentaient du RMI fourni par le travail des cons!…Quand ils achetaient des cigarettes, de la bière, du pain…ils nourrissaient pourtant le capital. Mais alors, que signifie cette contradiction? Expliquez- nous, petits, avant que nous n’explosions  d’indignation! “Le droit à la paresse”, d’accord; je l’ai apprécié ce petit bouquin, mais faites-nous comprendre ce que vous entendez par “le travail, meilleur moyen de ne rien faire de sa vie!..”

La dictature, c’est” ferme ta gueule;” la démocratie, c’est “cause toujours”.

D’abord, la dictature, c’est encore pire que ça: c’est la torture, la peur quotidienne, la prison, les dénonciations, les suspicions; mais bien sûr vous ne pouvez pas tout expliquer sur un mur.

Quand à la démocratie, même si c’est cent fois mieux qu’un régime dictatorial, ce que vous en dites est souvent très vrai. On te demande ton avis, mais en fin de compte et presque toujours, c’est décidé “en haut” sans tenir aucun compte des suggestions des gens de la base (comme ils disent) qui ne sont pas “spécialisés” et ne peuvent donc comprendre! Pourtant ils n’ont qu’un mot à la bouche: “la démocratie participative! Un exemple: on nous demande de faire une étude dans notre quartier pour savoir si les commerçants et les gens veulent un”marché de plein vent”. On s’agite; on lance des pétitions, on parcourt les rues pour savoir l’opinion des gens. On obtient des centaines de réponses. On nous dit: “ il ne manque plus que le OK de la chambre de Commerce !” On annonce la bonne nouvelle à la population. Mais patatras! le service municipal concerné nous fait savoir que rien ne peut se faire sans une étude préalable du “pôle commerce”de la région.  Ce qui renvoie le marché que l’on voulait tant aux calendes grecques! Pourquoi ne pas nous avoir dit dès le début que tout est décidé par les études de spécialistes et que notre avis importe peu? C’est ça la démocratie participative?En tout cas, ça gueule dans le quartier. On n’y croit plus à leur “démocratie participative”; c’est du bla bla bla, de la réunionite…

La démocratie est la dictature du capital…

D’accord, j’entends bien; mais qu’est-ce que vous mettriez à la place? J’en reste la bouche ouverte et j’attends votre réponse avec impatience? C’est-y que vous ne voulez pas d’Etat? Je reviens du Liban où il n’y en a pas. Mais quel bordel ! Tout est entre les mains de ceux qui ont le fric, des mafiosos de toutes couleurs et de toutes religions. Donnez-leur au moins une idée pour éviter cette catastrophe!

        La dictature, c’est “ferme ta gueule”.  La démocratie c’est “cause toujours”.

        Tout dépend de quelle démocratie vous parlez; expliquez-nous la vraie, merde, avant que l’on ne se suicide. Pourquoi vous ne parlez que négativement? Ceux et celles qui sont morts pour la liberté, qu’est-ce que vous en faites, nom de Dieu! C’est tous des cons ou quoi? Mon ami, mort maintenant, et qui avait choisi de travailler comme ouvrier malgré tous ses diplômes, pour être avec eux, pour lutter avec eux, c était aussi   un “con” qui n’avait rien compris? Répondez-nous! Donnez-nous des idées, à nous les cons qui n’ont jamais rien compris!

“Il n’y a pas de certitude, il n’y a que des opportunités”

Alors là, j’en suis baba! c’est de la haute philosophie; Chapeau! Des opportunités, qu’est-ce que ça veut dire au juste? Excusez-moi! J’ai jamais étudié la philosophie! Voulez-vous dire que les occasions de transformer ce monde qui va à la dérive, ça ne manque pas? Si oui, expliquez, expliquez encore; je suis avide de savoir, de calmer mes doutes à ce propos…que je quitte ce monde avec quelques certitudes comme celle-ci par exemple: “la femme et l’homme sont capables de changer le monde et il y en a déjà beaucoup qui y travaillent!” Oh! grand Dieu! Ca  se voit que je suis de la vieille génération! Le mot “travailler” est un lapsus dans ce texte..

Amicalement avec mes 78 ans et des poussières. Gaby

Ecrit par gaby dans : Au jour le jour.... |
16
juin
2010
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Ete 1942 en Pays Basque (chroniques)

C’était l’occupation allemande avec sa cohorte de malheurs connus ou encore inconnus. Les gens avaient faim. La majorité de la population souffrait de la pénurie alimentaire. Dans les pensionnats et les collèges, le repas était frugal et le pain noir remis à chaque élève au petit déjeuner disparaissait après le repas de midi, avalé par des bouches affamées. Plus une miette pour le dîner. Les adolescents montaient dans les dortoirs et peinaient à s’endormir, car leur estomac criait famine.

Heureusement pour nous, enfants de la campagne, les vacances approchaient; à la maison, faute de pain blanc, nous avions les légumes du jardin, les taloak (galettes de maïs) cuits devant le feu de cheminée. De temps en temps, nous allions chez les grands-parents maternels habitant le même village, pour manger de bonnes rations de châtaignes croustillantes, accompagnées du lait ébouillanté à l’aide d’une pierre incandescente volé au feu de bois. Nous observions à cette occasion notre « aitatxi », le patriarche, assis dignement sur la banquette en merisier  où amatxi et, plus tard, sa fille aînée, lui apportaient le repas avant de servir leurs enfants. Nous le regardions manipuler le « padera », ce cylindre métallique noir percé de trous qu’il avait rempli de quelques kilos de châtaignes. Le tric-trac régulier de l’instrument- un tour à droite, un tour à gauche- rythmait la conversation de la veillée. Un parfum sucré s’échappait du « padera » magique ; il aiguisait nos appétits de jeunes adolescents toujours prêts à dévorer.

Dans notre programme de vacances, il y avait mieux encore : la perspective de trois semaines de vie dans le village de Bascassan puis en pleine montagne, dans la cabane d’otto Sébastien et ttantta Clémence, bergers dans la vallée de Gasnateguy.

Quand le jour du départ arrivait, nous ne tenions plus en place. Aita sortait sa vieille voiture Chenard, nous installait sur la banquette arrière. Ama avait plié quelques vêtements dans la valise en carton dont les coins pelés par les chocs et l’usure formaient des cercles grisâtres inquiétants, prémices de la déchirure fatale. Au niveau des clapets de fermeture, ce n’était guère mieux. Mais la ceinture grise d’une vieille robe de coton qui finissait ses jours sur le tas de chiffons de notre grenier maintenait le bagage bien clos!

Nous étions trois à partir vers un pays de rêve : deux filles et un garçon de 10, 9 et 6 ans. Nous avions 25 kilomètres à parcourir pour arriver au premier lieu de destination, Bascassan. De temps en temps, nous croisions des « side cars »  sur lesquels deux fiers occupants montaient en sens contraire, le regard hautain; la Chenard frôlait alors le rocher de la paroi montagneuse pour laisser passer ces soldats habillés de vert, imbus de leur pouvoir.

Nous arrivions enfin à St Jean le Vieux, après des tours et des détours et ce tronçon de route rectiligne où nos estomacs fragiles remués par les multiples virages du parcours pouvaient enfin trouver l’apaisement. Juste après l’église, nous prenions la direction de Mendive. A trois cents mètres, devant le parc d’un château foulé par les bottes des occupants, une barrière empêchait le passage. Les Allemands contrôlaient le véhicule, demandaient les permis. Aita fournissait les renseignements : nous allions entrer en « zone libre » . Séparation, embrassade ; aita ne pouvait aller plus loin. Heureusement, non loin de là, près d’une deuxième barrière gardée par la police française, on apercevait le « sulky » d’aitatxi et amatxi. Otto Manex, le frère d’aita nous adressait de grands signes de bienvenue. Nous avancions à petits pas; la valise était légère, portée par les deux aînées dont les petites mains s’agrippaient à la courroie de coton. De temps en temps, les trois enfants se retournaient pour un dernier adieu à leur père…Otto Manex nous prenait dans ses bras, nous hissait dans la carriole tirée par un «  behorra » (jument) au caractère doux et patient. J’ai encore en moi la musique des grelots et du trot régulier de l’animal familier, le crissement des roues en bois cerclé de métal du sulky sur la piste goudronnée, puis le ralentissement soudain pour entrer sur le petit sentier caillouteux qui nous mènerait à Bascassan. Les cris et les rires fusaient quand les roues de la carriole entraient par mégarde dans les « nids de poule » du sentier crevassé ; on était alors balancés dans tous les sens; ça valait les manèges les plus perfectionnés. Quand on percevait le chant de la rivière que nous traversions sur le vieux pont romain et le babillement de la source timidement cachée sous un chêne, on savait qu’on approchait du but.

Cette source ! Pour nous, c’était un lieu magique, un endroit où nous allons encore en « pèlerinage ». Elle exerçait sur nous une grande fascination : eau jaillissante sous le rocher, lumière après l’obscurité, naissance, rires, jeux, insouciance de l’enfance, désir de vivre, de bouger, d’avancer encore et encore… Nous y restions des heures et des heures à construire des petits barrages, à modifier le parcours de l’eau, à « cuisiner » des recettes faites de boue, d’herbes et de feuilles mortes. De temps en temps, amatxi arrivait, droite et digne, le « ferreta » ( note : récipient en bois et cuivre pour garder l’eau) posé sur un coussinet au sommet de son crâne. « Venez, nous disait-elle. Le repas est prêt. J’ai sorti le pain du four ! »

Nous nous retrouvions autour de la table en chêne massif avec les oncles et les tantes, des cousins et trois enfants de l ‘Assistance Sociale élevés par nos grands-parents. Presque tous les jours, après la garbure, nous dégustions la pipérade et nous terminions le repas avec une bonne tranche de « bortu gasna », ce fromage fabriqué dans la bergerie familiale. Nous avions droit à un peu de vin rouge « maison ». Amatxi répondait à ceux qui s’en offusquaient : « une goutte de vin fortifie les enfants; ça ne leur fait aucun mal ! »

Nous vivions aussi libres que les bohémiens du quartier tout proche de la Madeleine. Nous revenions à la maison seulement pour manger et dormir. Nous devions respecter un seul moment de la journée : celui de la sieste des adultes. Gare à celui qui réveillait les endormis avant l’heure ! Amatxi sévissait au nom de tous ! Or, dans la salle-à-manger donnant sur « l’ ezkatzea » ( note : cour centrale du rez- de -chaussée des fermes) comme toutes les pièces de la maison, trônant sur le buffet, il y avait un objet merveilleux qui nous attirait tous : l’accordéon de otto Pettan, le plus jeune frère de papa qui faisait danser les gens lors des fêtes du village.

Par un après-midi torride d’été, le silence qui enveloppait la demeure fut soudain interrompu par des complaintes aux notes discordantes jouées par huit petits musiciens qui s’acharnaient sur l’instrument interdit. La porte de la salle-à-manger ne tarda pas à s’ouvrir. Amatxi se tenait devant nous, le chignon en bataille, vêtue de sa longue robe noire qui ne la quittait jamais, une ceinture de cuir à la main.

« Sortez d’ici, » nous ordonna-t-elle en colère. Gaixo amatxi ! ( note :pauvre grand’ mère). Elle ratait beaucoup de cibles, car nous avions immédiatement mis au point un stratagème : faire semblant d’avancer, reculer puis foncer hors de la salle quand son arme touchait terre. Nous savions que le soir, à notre retour, elle nous donnerait un « opila »(petit pain) aux pommes ou un bout de chocolat pour se faire pardonner.

Notre destination finale cette année-là n’était pas Bascassan, mais la vallée de Gasnategui. Il fallait quatre heures de marche pour y arriver. Nous partions de bonne heure avec ttantta Mari ; l’âne transportait nos vêtements et des victuailles; de quoi nourrir ce petit monde pendant trois semaines. On montait vers le col d’Iraty. A Burdinkurutxeta nous prenions sur notre droite un sentier qui descendait en à pic vers une vallée longue et étroite au milieu de laquelle coulait un ruisseau poissonneux.

Sur la droite, un petit chemin menait vers une cabane où aita était resté berger pendant la guerre de 14 – ses grands frères étaient au front- puis jusqu’à son service militaire. En cette année 1942, ce kaiola n’avait plus d’occupant , car la garde des troupeaux de nos grands-parents était assurée par une de leur fille, Clémence et son mari Sébastien. Nous prenions le sentier sur la gauche et nous marchions encore quelques centaines de mètres, fatigués, des ampoules au talon , mais heureux d’arriver enfin à destination. (Lire la suite…)

Ecrit par gaby dans : Non classé |
12
juin
2010
5

est-ce possible?

 

“ Qu’est-ce que tu veux encore la vieille?   Pisser? Tu vas continuer à appeler  toute la journée? Tu crois que je n’ai que ça à faire?”

“ Ils m’ont oublié dans mon fauteuil. J’y suis resté toute la nuit! C’était long! J’ai mal partout!”

“En arrivant à la maison de retraite, le premier  soir, j’ai demandé où se trouvaient les toilettes. “Pas question, m’a répondu l’infirmière; la nuit, vous resterez au lit; on vous mettra des couches et vous ferez dedans! D’ailleurs on installera des barrières de chaque côté de votre lit. Comme ça, vous ne risquerez pas de tomber!” La pensionnaire n’est pas une handicapée, ni une incontinente… Que fait-on de sa dignité? Elle connaît la douleur du mépris dès le premier jour.“.

Ma femme est infirmière. Elle a travaillé dans une maison de retraite de Toulouse. Elle n’a pas tenu longtemps. La maltraitance verbale et physique sévit dans la plupart de ces établissements. Je connais des personnes âgées qui ont les genoux abîmés: elles sont dans un fauteuil roulant; on les installe à table sans ménagement et percutent la structure métallique! J’ai changé d’établissement; celui-là donnait l’impression de bien-être. Au bout de quelques semaines, j’ai fui. Le traitement réservé aux pensionnaires était le même: cris, reproches, gens dans leur caca toute la journée. Evidemment, Ils ne sont pas en assez grand nombre pour s’occuper de tous, pour leur donner l’attention qu’ils méritent! “Rendement! rendement!” c’est le slogan qui prime!  J’ai remarqué que certains employés  s’appropriaient les cadeaux destinés aux pensionnaires: parfums, bonbons etc…Les fondateurs de maison de retraite se font du fric. Ils construisent, aménagent, et revendent pour reconstruire ailleurs. Par les temps qui courent, ce sont là de bonnes opérations immobilières!”Il est temps de dénoncer ce scandale. La maltraitance dont les gens âgés sont victimes est occultée au grand public. La plupart des familles et des amis concernés se taisent. “ Si on le révèle, ça va être pire pour les pensionnaires! Et puis comment faire pour résoudre ce problème, pour trouver une autre solution?”

Des témoignages de ce genre, on pourrait en citer des centaines!

Il est urgent qu’on y réfléchisse ensemble. Il est urgent que l’on forme des associations qui dénoncent ce scandale. Il est temps que l’on regarde nos vieux avec respect, qu’on leur rende tout l’amour qu’ils ont donné aux autres. Pour cela, collaborons avec le petit nombre qui porte ce souci et essaient de trouver des solutions.

 

Ecrit par gaby dans : Non classé |
30
mai
2010
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LE BLEU

Le bleu.

Ecrire sur « le bleu », ma couleur préférée, ça donne peur !…une peur bleue, sacrebleu. !

Bleu du ciel qui se reflète au fond de la rivière de mon village, formant un lit sur lequel glisse, joue et court comme une folle l’eau pure dévalant de la montagne.

Bleu ardoise recouvrant les cabanes des bergers solitaires perdus dans les hauts pâturages au milieu de prairies en fleurs parsemés de bleuets, de crocus au bleu électrique, intense et lumineux.

Bleu canard aux reflets verdâtres des volatiles que la tante Marie appelait soir et matin : « pourrahs !pourrahs ! » criait-elle en lançant une pluie de maïs doré qui rebondissait et glissait sur leurs plumages avant d’être happé par les bêtes affamés.

Bleu de Prusse du pinceau du peintre fixant un paysage sur sa toile.

Bleu de travail de l’ouvrier attisant le foyer du haut- fourneau pendant que la sueur dégouline de son front sur ses joues en feu.

Bleu de chauffe de la combinaison du conducteur, avançant sur la route qu’il surveille de près, du haut de la cabine de son imposant camion.

Bleu pétrole de nos jeans cousus pour rien par des mains d’enfants esclaves, là-bas, très loin, de l’autre côté de l’océan.

Bleus du visage et des bras de la femme battue par son homme et qui se tait, car elle se croit coupable…et puis les gosses sont là qu’elle ne pourra nourrir seule….

Bleu de la lessive de ma mère qui donnait aux draps ce reflet éclatant et qu’elle allait rincer en plein hiver, les pieds dans l’eau glacée de la rivière proche.

Bleu du régiment, perdu dans cette sinistre caserne où les anciens se moquent de lui.

Zone bleue de ma ville ou les P.V. se multiplient pendant que le chauffeur oublie le temps qui passe, devant un bock de bière.

Bleu d’Auvergne étalé sur une tranche de pain croquée par une bouche gourmande.

Bleu marine de mon ancien uniforme de pensionnaire, dans ce collège où je m’ennuyais à mourir…

Hommes et femmes au sang bleu, traqués et conduits à l’échafaud par Robespierre et les siens qui perdirent la tête à leur tour en ce 10 Thermidor de l’an II.

Bleu de tes yeux amoureux, bout de ciel descendu sur terre.

Bleu du pull de mon bien-aimé où je cache mon visage et repose ma tête fatiguée.

Toulouse le 15 février 2009

Ecrit par gaby dans : Non classé |
15
jan
2010
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LE VOYAGE EN ARGENTINE 24 octobre-17 novembre 2009

gaby-1

Ce voyage me faisait peur. J’avais obtenu en juin un aller-retour à moitié prix et je me demandais quelles seraient les conditions du vol pour Buenos Aires.

Deux copines, Thérèse et Jeanine m’accompagnèrent à l’aéroport de Blagnac. Je trouvais bizarre de présenter ces billets électroniques qui, de fait, étaient une longue liste de départs, d’arrivées, de re départs qui prendraient à peu près vingt heures¡

L’hôtesse me demanda mon nom, jeta un regard distrait sur mes feuilles, un autre plus attentif sur mon passeport, me donna la carte d’embarquement. Elle en savait déjà plus que moi. Miracle de l’informatique ! Pas besoin de confirmation antérieure du vol. La machine diabolique avait déjà tout réglé en temps voulu !

J’enregistrai mes bagages. Le temps de prendre un pot avec Thérèse et Jeanine et me voilà à la salle de départ. Quand je franchis le poste de contròle, comme d’habitude, l’alarme retentit; une femme passe ses mains le long de mon corps. Peine perdue. Je n’ai ni arme ni coutelas…et je finis par franchir le premier barrage.

British Airways a un très bel appareil. Sièges confortables en cuir noir très doux dans cet A320 d’Airbus Industrie, thé english avec gâteau au coconut, hôtesses très attentives au moindre désir des passagers. Une heure après, nous débarquons à Londres au Terminal 5. C’est la première fois que je vois un aéroport aux panneaux indicateurs si clairs. Il suffit de suivre le parcours indiqué sur le feuillet reçu au départ. Impossible de se tromper. Dire que j’avais si peur de me perdre

Le départ pour Buenos Aires est prévu à 21h45, à bord d’un Boeing 747 qui nous conduira d’abord à Sao Paulo au Brésil pour une escale de plusieurs heures, après une nuit de sommeil plutôt léger. Je converse avec un commerçant urugayen qui a réalisé de bonnes affaires avec les Chinois qu’il a rencontrés à Hong-Kong; ce monsieur possède un free-shop à Montevideo. Ses affaires semblent marcher à merveille. Pour lui, l’Uruguay ne connaìt aucune des difficultés économiques ou sociales qui frappent le reste de l’Amérique Latine. Le “Pays de l’Oiseau Bariolé” (telle est la traduction de son nom en Guarani) demeure-t-il toujours “la petite tasse d’argent” comme on l’appelait à la fin du XIXeme siècle à cause de sa prospérité ? A vérifier…

Dimanche 25 octobre

Je foule la terre argentine avec une grande émotion, sans tout de même m’étaler pour l’embrasser, comme le pape que, pour cette raison, des journalistes ”irrespectueux” ont surnommé “le Pape Tout-Terrain”. Maria et Mariana, la nièce d’Elena sont là qui m’attendent. Quel bonheur. Dire que je redoutais tellement ce voyage.

Elena n’a pu venir. Elle rale d’être alitée pour cause de bronchite. Ca tombe mal, mais que faire? Nous sommes si heureuses de nous retrouver…

Déballage des cadeaux. Mariana apporte l’ordinateur portable commandé à Yoli ,la belle-soeur d’Elena. Cris et protestations bien sùr. Je suis contente que notre complot ourdi par téléphone ait si bien réussi. Mes hôtes me comblent de cadeaux; un “bon” pour un gilet en laine qu’une dame tricotera en trois semaines, selon le modèle et le coloris que je choisirai, une très belle reproduction d’un tableau de mon peintre argentin préféré Quinquela Martin, un magnifique agenda de Mafalda, personnage des livres du dessinateur Quino etc…

Nous n’en finissons pas de parler de nos familles, de nos amis, de nos activités réciproques. La situation politique et sociale en Argentine est désastreuse à tous points de vue:. Les Argentins avaient mis tout leur espoir en Cristina Kirchner. Elle a déçu le pays qui va de plus en plus à la dérive: fortune entre les mains de quelques privilégiés, hausse du chômage, insécurité grandissante. Ceux qui le peuvent optent pour un logement dans un îlot protégé entouré de barbelés, avec un gardien qui contrôle les entrées et téléphone au propriétaire demandé, avant de permettre à son hôte de rentrer. Ce n’est pas le cas de mes amies dont la porte principale ferme avec une clé minuscule. Il est vrai qu’elles ont récemment installé une espèce de barre qui repose sur deux bouts de fer enfoncés dans l’encadrement en bois. Je suis sûre que je pourrais tout détruire d’un seul coup de pied ; elles font semblant de lui accorder une résistance à toute épreuve. Il est vrai que, récemment, un de ces fameux îlots sécurisés a été en partie violé par des voleurs habiles qui ont profité d’une coupure d’électricité pour franchir les barbelés et emporter des objets qu’ils n’auraient pu se procurer autrement. J’ai pensé alors à la dernière Assemblée Générale de notre association de quartier où les gens réclamaient à corps et à cris, des caméras de surveillance à tous les coins de rue. Elles ne servent à rien, ai-je envie de leur dire après ce séjour en Argentine, sauf à épier indiscrètement les bonnes gens pour connaître leurs allées et venues…Elena veut m’effrayer en ajoutant: “de toutes façons, la misère est telle que souvent, le voleur te tue directement sans autre forme de procès, pour travailler en toute tranquillité.”

Il existe aussi des espèces de cahutes colorées en bois dont le vigile payé par l’ensemble des habitants de la “manzana (1)surveillent l’îlot nuit et jour. Il lui faut bien du courage car les agressions envers eux ne manquent pas, mais quand le chômage grandit on n’a pas le choix.

‘(1)·Une manzana est un îlot de maisons ou d’appartements de 100m sur 100m. Les villes sont construites ainsi. Quand les Argentins disent que tel lieu est à trois manzanas, cela signifie qu’il est à trois cents mètres plus loin.)

Lundi 26 octobre

Nous restons sagement à la maison, le temps de permettre à la fatigue accumulée de disparaître rapidement.

Mardi 27 octobre

Elena a encore de la fièvre. Ce n’est pas son genre, malgré ses 82 ans. Elle est donc au lit profitant des soins attentifs de Maria qui semble une infirmière diplômée.

Elles ont chacune leur petit appartement dans la même maison entourée d’un jardinet au grand mur végétal recouvert de la plante que les Argentins appellent ”l’amoureuse du mur.” Au milieu trône un majestueux citronnier qui regorge de fruits et d’oiseaux aux chants mélodieux. Ainsi ces copines sont à la fois seules, indépendantes et…ensemble. Elles s’entraident mais gardent leur liberté de mouvement et d’action. Situation idéale pour le temps de la vieillesse¡ Pas de solitude, pas le poids d’un groupe qui pèse sur l’individu. Chacune a ses amis, ses propres activités…Le téléphone résonne toute la journée: associations diverses, collègues de bénévolat, familles, amis…

L’après-midi, Maria m’amène en un lieu historique “la Manzana de las Luces” C’est une ancienne demeure de jésuites qui reçut ce nom, car elle fut vraiment -comme on dit ici – le centre de la « intelectualidad » du pays: arts, peinture, musique, chant, théâtre, artisanat autochtone, sciences diverses fleurirent en ce lieu. La guide nous assure que si les colons n’avaient pas chassé ces religieux, l’Argentine appartiendrait actuellement au “Premier Monde” comme les occidentaux.

Là se trouve aussi la plus vieille église de la capitale, l’église St Ignace. Les jésuites arrivèrent au Pérou en 1568 et s’établirent à Buenos Aires en 1608, tout près de la Plaza de Mayo. Leur collège, après plusieurs changements de noms devint l’actuel Collège National de Buenos Aires où étudièrent bien des personnages fameux du pays. Parmi eux Belgrano avocat et homme politique, créateur du drapeau national, Manuel Dorrego gouverneur de Bs As qui fut fusillé par Lavalle, Puyrredon premier président de l’Argentine indépendante. Elenita m’a montré le programme d’une pastorale (1) jouée en 1997 dans le village natal des parents de Puyrredon qui reprenait les détails de la vie de ce fils de Béarnais, l’un des acteurs principaux de l’indépendance argentine.

1. : La pastorale est un genre théâtral de la Soule qui réunit chaque année des centaines d’acteurs de plusieurs villages pour raconter la vie des personnages illustres de leur histoire. Les pastorales rappellent les mystères du Moyen-Age.

Quelle coïncidence ! Parmi ces célébrités, citons encore Mario Firmenich, fondateur du groupe de guerrilla “los Montoneros”, Carlos Mugica, prêtre assassiné pendant la dictature militaire, les deux premiers prix Nobel de la Paix et six présidents de la République argentine.

En 1955, ce collège accepta son premier groupe d’élèves femmes. Cet établissement possède une bibliothèque de 100.000 volumes, des orgues de toute beauté.

Ce que voulaient les jésuites, c’était créer une société parallèle à celle des colons. Beaucoup d’indigènes travaillaient comme salariés dans leurs centres ou dans des propriétés qu’ils avaient acquises par leur travail. Or les colons considéraient les autochtones comme des animaux. Ils ne purent supporter que les jésuites les traitent en hommes intelligents et libres. En 1767, le roi d’Espagne Carlos III ordonna leur expulsion de toutes les colonies espagnoles et les propriétés des Indiens furent confisquées par l’Etat.

Plus tard, dans ce “Manzana des Lumières” on découvrit des tunnels du XVIIIeme siècle, six mètres sous terre. Certains disent qu’ils avaient pour but de faciliter la communication entre église, collège et couvents; d’autres invoquent la défense de la ville. Mais la majorité croit qu’ils servaient à la contrebande.

Après cette visite historique, nous revenons à la maison par le métro et le train.

Un détail à signaler: en passant près de la fameuse place de Mayo qui vécut tous les jeudis la ronde des Mères argentines réclamant des nouvelles de leurs enfants disparus, je rate une marche. Déséquilibrée, j’allais tomber de tout mon poids sur une grille quand passa un beau jeune homme dans la fleur de l’âge, lequel eut la bonne idée de me recevoir dans ses bras. Il eut un sourire qui en disait long sur sa pensée:”dommage ! Si elle avait eu 50 ans de moins !”. C’est comme ça la vie¡ On n’a pas toujours ce que l’on veut. Il faut dire qu’ici on apprend à regarder toujours par terre, à cause des nids de poule, des pavés inégaux sur lesquels on bute et finalement, c’est moins dangereux qu’à Toulouse où on se promène le nez en l’air sans penser aux embûches qui vous attendent.

Nous prenons le métro puis le train. Je regarde les passagers debout, accrochés aux anneaux du plafond, à moitié endormis après une dure journée de travail. Des marchands ambulants (dont une proportion d’enfants) vendent toutes sortes d’objets. Ils les déposent sur vos genoux avec l’espoir de trouver un acheteur, vont à l’autre bout du wagon, reviennent les récupérer au retour.

Le long de la voie ferrée beaucoup de petites maisons coquettes et des espèces de cahutes en tôle où vivent des sans logis. Comment supportent-ils les chaleurs de l’été?

En arrivant à la gare de Hurlingham, nous assistons au passage d’un train de banlieue, bondé de passagers. Toutes les portes sont ouvertes et les gens voyagent assis sur les marches pour profiter de l’air par cette journée de grande chaleur. Quelques années auparavant, beaucoup de jeunes s’installaient sur le toit des wagons. Il y eut des accidents. Il est vrai que les jeunes s’amusaient à sauter d’un wagon sur l’autre tout au long du voyage. Le gouvernement défendit cette coutume pour le moins périlleuse.

Toutes les lignes de métro et de chemins de fer ont été privatisées.

En débarquant à la gare de Hurlingham, le contrôleur nous salue par un: “bonjour beautés.” Maria lui répond:”Je crois que tu te trompes…” Non, je dis ce que je vois.”- “alors il faudrait que tu ailles t’acheter une paire de lunettes.”.. Ce peuple argentin a un grand sens de l·humour. J’ai beaucoup ri de leurs réflexions. Ainsi ce chauffeur de taxi à qui je demandais le sens du ruban bleu et du ruban mauve qui pendaient au milieu de sa vitre avant. “le rouge, c’est pour me protéger du “mauvais oeil”, le mauve me ramène des ondes positives. » «”Et le chapelet qui les accompagne?” « Ça, c·est pour l·extrême onction, au cas où j’aie un accident !”

Mercredi 28 octobre:

Je vais au Centre-ville avec Maria. Nous arrivons à l·ancien port de la Boca, que le tango a rendu cèlèbre. Nous entrons au Musée Quinquela Martin. Ce grand peintre argentin , un orphelin, fut adopté par un couple très pauvre de ce quartier. Il travailla avec son nouveau père qui chargeait et déchargeait des sacs de charbon sur les navires. Très jeune, il fut passionné par la peinture. Le musée expose ses objets et meubles personnels et, bien sûr, ses merveilleux tableaux inspirés par les rues et les travaux du port de la Boca. Quand Quinquela Martin découvrait les talents d·un futur peintre, il disait: “ celui-là, il lui manque un tornillo.”(tornillo veut dire “vis”). -En français, on pourrait traduire:”il lui manque un grain.” La vis est devenue le symbole du peintre. Ce personnage a beaucoup aidé les gens de la Boca. Quand on le lui disait, il répondait. “ je ne fais que rendre au quartier ce qu·il m’a donné.”

Le musée compte huit salles d·exposition, six terrasses où l’on peut admirer de belles sculptures, des ateliers de restauration et une bibliothèque. Ce que j’ai particulièrement apprécié: une collection de “figures de proue” en bois peint, la plus importante de toute l’Amérique Latine. Deux autres étages abritent des expositions temporaires de peintres argentins. Nous avons admiré des oeuvres contemporaines de Juan Ranieri architecte-peintre qui a beaucoup réfléchi sur les conditions actuelles du paysage urbain, Osvaldo Sanguinetti dont j’ai particulièrement admiré les “natures mortes” si lumineuses. Les Argentins disent de lui qu’il “fait preuve d’une douce délectation avec la matière ». Fortunato Lacàmera peintre plasticien dont l’oeuvre reflète le milieu prolétarien qui fut le sien. Ses oeuvres “se firent de plus en plus dépouillés, sans ajouts inutiles”.

En sortant de ce musée, nous nous baladons dans ce quartier multicolore. Cet ancien port vit débarquer des millions d’immigrés, en majorité italiens. La Boca est la partie la plus pittoresque de Buenos Aires, centre d’une riche activité artistique. Nous parcourons la fameuse rue “Caminito” (titre d’un tango célèbre) qui a à peine cent mètres de long. Là naquit Quinquela Martin. Façades de toutes les couleurs, les habitants de ce quartier d’hommes de la mer utilisant les restes de peinture servant à l’entretien de la coque des bateaux.

De chaque côté de la rue, des bars avec une estrade extérieure : des danseurs de tango et de folklore argentin y donnent constamment de beaux spectacles, vous invitant à danser avec le cavalier ou la cavalière…pour une photo- souvenir en leur compagnie. On dit du tango qu’il est la danse la plus romantique du monde.

Dans le quartier se trouve le stade “La Bonbonera” avec plus de 50.000 places. Il abrite la fameuse équipe “Boca Junior” connue dans le monde entier.(uniforme bleu et jaune à ne pas confondre avec son rival “River plate”)

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Beaucoup d’anarchistes débarquèrent en ce lieu qui devint un des bastions de la lutte sociale. Les maisons sont faites de tôle, quelques-unes appelées conventillos abritent plusieurs familles. Sur les balcons, des statues de personnalités saluant le public. Parmi elles: Eva Peron, Carlos Gardell, Maradona…Les artistes locaux font des dons à la population et organisent des spectacles.

Jeudi 29 octobre.

Maria rejoint ses chers handicapés du Foyer San Juan de Dios. Elle fait partie d’un groupe de bénévoles qui écoutent les malades, essaient de répondre à leurs besoins: ateliers d’écriture, de peinture, de lecture. C’est un très beau travail d’accompagnement qui supplée au manque de personnel. Quand verrons-nous les mêmes organisations en France dans nos maisons de retraite ?

A midi nous dégustons un beafteck savoureux dont on a oublié le goût dans la plupart des villes de France.

L’après-midi, nous faisons des courses à Moron, ville où j’ai travaillé autrefois pendant six ans. Nous retrouvons les ex-collègues institutrices de Maria qui ont la bonne idée de se retrouver une fois par mois dans un bar pour garder les liens. Chaque jour, je découvre la simplicité et les relations chaleureuses des Argentins les uns avec les autres. On s’embrasse, on se tutoie: on ne s’embarrasse pas de salamaleks: on dirait qu’on se connaît depuis toujours. C’est beau. On se sent tout de suite à l’aise dans ce pays.

Nous faisons l’aller-retour en bus: Ce sont des vieilles Mercedes Benz de toutes couleurs. Je remarque le pommeau rouge du changement de vitesse qui s’illumine à chaque coup de frein, ainsi que d’autres points autour du siège du chauffeur. S’il fait trop chaud, la porte avant reste ouverte pour permettre à l’air de rentrer. Aujourd’hui il fait 30 degrés, mais le taux d’humidité est tel qu’on a l’impression de supporter 40 degrés.

Vendredi 30 novembre.

Tonnerres, éclairs, rues inondées. Les Argentins sont très étonnés de ces changements climatiques brusques quelle que soit la saison. Nous avons vécu au milieu d’un concert de coups de tonnerre, d’éclairs, d’averses de pluie et de grêle sans interruption pendant près de trente six heures ! Nous restons dedans. Malgré les intempéries, Maria va à son cours d’anglais; c’est une multilinguiste: elle parle aussi l’allemand, le français, l’espagnol et…le hongrois, sa langue natale.

Samedi 31 novembre

Maria est allée accompagner ses pensionnaires du foyer au pèlerinage annuel à Lujan. Pour eux, c’est une grande fête. Beaucoup de bénévoles-parmi eux beaucoup d’étudiants- entourent les handicapés de soins affectueux. A midi, asado s’il ne pleut pas.

Visite de Yoli, la belle soeur d’Ele, avec son fils Diego.

Dimanche 1er novembre.

Je lis un article du journal ·La Razon· sur trois secrétaires de la Présidente Cristina: leur patrimoine aurait augmenté de 11.000% depuis 2003. La corruption règne au niveau de l’état. Le couple présidentiel a pu acheter des milliers d’hectares à des prix dérisoires dans le sud du pays. Tout le monde le sait. Cristina est la reine des démagos. Elle a un langage de gauche, mais elle se moque du peuple et de sa misère. D’après une récente enquête, 70% des Argentins n’arriveraient pas à la fin du mois avec le montant de leur salaire. L’humour des gens est tel qu’ils aiment décrire la situation dramatique que vit la grande majorité d’entre eux en racontant des histoires drôles. Ainsi la discussion entre un Anglais, un Allemand, un Français et un Argentin devant un tableau du Louvre représentant Adam et Eve. Chacun des protagonistes décrit leurs caractéristiques positives et concluent qu’ils font partie de leur peuple.. L’Argentin parle le dernier : « Je ne suis pas d’accord avec vous Regardez-les bien : ils sont nus, ils n’ont pas de souliers, ils n’ont pas de maison. Ils n’ont qu’une pomme pour toute nourriture et ils croient encore qu’ils sont au paradis ! Ceux-là sont sans aucun doute argentins».

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Après des années de dictature, ce peuple méritait le repos et le bien-être. Il vit sous une autre domination : celle de quelques individus et groupes qui lui volent sa terre, son eau, ses ressources minières. Il y aurait un livre entier à écrire sur ces nouveaux maîtres du pays. Quelques exemples, parmi tant d’autres : expropriation du territoire national avec la vente à des étrangers de milliers d’hectares de toutes ses provinces : les terres déjà vendues égalent la superficie de la Province de Buenos Aires. Dans le pays, actuellement, 16.900.000 hectares sont déjà vendus ou en vente à des étrangers : parmi eux, des Malais, des Chinois, des Espagnols, des Hollandais, des Chiliens, des Australiens… Ainsi la seule famille Bush vient d’acquérir plus de trente mille hectares dans la province de Cordoba, tout près d’une source d’eau douce potable dont elle a l’intention d’exporter l’eau vers l’Europe. Qui pourra leur interdire de vendre les biens de ces terres, son or, son argent, ses minerais, ses sources, le jour où ils en deviendront propriétaires ? Le canadien Barrick Gold compte détruire un glacier de la Cordillère qui fournit l’eau aux peuples indiens qui vivent à ses pieds. Ces derniers se battent courageusement, mais les présidentes du Chili et de l’Argentine ont signé l’accord permettant à cette multinationale de détruire ce glacier pour extraire les précieux minerais qu’il recouvre. Les Indiens auront le choix de l’exode ou de la mort lente par empoisonnement au mercure et au cyanure.

Des centaines de cargos prennent l’eau du fleuve Parana pour la transporter et la vendre à des prix élevés au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe où elle sera traitée. C’est de la piraterie ! Aucune loi n’interdit le « trafic clandestin d’eau douce ». La Préfecture Navale Argentine constate les chargements et les départs de ces cargos, mais ne possède aucun instrument juridique pour empêcher ces ventes. L’Argentine dispose de 22.000m3 d’eau par habitant et par an, mais cette provision est mal distribuée : les 2/3 de son territoire sont arides. Au lieu de servir ces régions qui en ont besoin, l eau est exportée principalement par l’entreprise Makhena SA dont le siège se trouve à Miami et la succursale à Buenos Aires. Les bénéfices ainsi réalisés sont énormes. Ce commerce est d’autant plus scandaleux que la sécheresse affecte 90% du pays car des pâturages naturels et 75%¨des forêts ont été déjà détruits, la plupart pour réaliser de la monoculture, principalement le soja ; et l’industrie minière a augmenté scandaleusement la consommation en eau. (cf journal Clarin du 1er novembre 2009).

Les militants argentins dénoncent ces faits, appellent à la lutte ; ils disent, en reprenant une célèbre phrase d’Einstein : « la vie est devenue dangereuse, pas tellement pour ceux qui font le mal, mais pour ceux qui restent assis en regardant ce qui se passe autour d’eux » …

Jermann, le directeur d’un collège de 1600 élèves à Moron, ville où j’ai travaillé pendant six ans dans les années soixante, vient nous rendre visite. Il est journaliste et travaille depuis quelques mois à la rédaction d’un livre sur Léonie Duquet, l’une de nos deux amies disparues en 1977 sous la dictature de Videla. En fin d’après-midi, il nous accompagne à une messe dans un quartier pauvre où Elenita a beaucoup travaillé. Les gens ont décidé de fêter ce soir-là l’installation d’une plaque commémorative en faveur du père Gentico récemment décédé. Ce prêtre du groupe « Tiers Monde »(dont beaucoup ont été tués sous le règne de Videla), habitait et travaillait dans ce quartier. Cette fête est très touchante ; la petite chapelle est pleine à craquer ; les enfants et leurs amis les chiens courent le long de l’allée centrale. Les gens chantent des chants qui parlent de justice et de solidarité, accompagnés par un orchestre local de bombo, guitare, charango et tambourin. Des jeunes couples se tiennent par la main, s’embrassent discrètement ; les témoignages sont émouvants dans leur simplicité : « le père Gentico vivait avec nous ; la porte de sa maison n’était jamais fermée ; il était pauvre comme nous ; son frigo était toujours vide. C’était l’un des nôtres…il nous a tellement réconfortés ! »

Les enfants de ce quartier me fascinent. : cheveux noirs, têtes rondes basanées, yeux de braise…Un grand nombre sont fils et filles d’exilés latino-américains ou de familles ayant rejoint la capitale poussés par la misère, à la recherche d’un travail. Chômeurs, ils vivent dans une grande pauvreté, abrités par des ranchos en carton au toit de tôle. Comment cela est-il possible sur cette terre qui est l’une des plus fertiles du monde? Elena a bien connu Gentico ; elle apporte son témoignage : « il créa des communautés de base et les organisa en rassemblements périodiques pour qu’elles soient plus efficaces. » La Bible est le livre de chevet de certains d’entre eux; ils en retirent la force de travailler pour la justice et la liberté.

Lundi 2 novembre

Après une matinée de repos, nous allons au cinéma au centre commercial Jumbo de Moron. Très beau film argentin « el secreto de sus ojos » (le secret de ses yeux), de Juan José Campanella, inspiré d’un roman de Sacheri « la pregunta de sus ojos ».. C’est un film merveilleux qui combine parfaitement film noir, drame romantique, thriller, humour et côté historique politique et social des années 70-80. Pour nous remettre de nos émotions, nous dégustons sur place deux boules de glace de chez Freddo, arrosées de jus de framboise et garnie d’amandes, de noix et de meringue. Un délice ! (au diable la ligne et les kilos en trop !)

Mardi 3 novembre.

Visite du Musée National des Beaux Arts au centre-ville. Au rez-de-chaussée, expositions permanentes d’art européen et international du XIIeme au XXeme siècle J’y retrouve avec un grand plaisir certaines sculptures de Rodin. Au premier étage, on peut admirer l’art argentin du XIXeme et XXeme siècle. Parmi ces derniers, je signalerai un peintre que j’apprécie beaucoup : Antonio Berni et ses «  tableaux aux coloris intenses, au fini parfait ». En 1958, il créa deux personnages qui sont désormais célèbres : Juanito Laguna, l’enfant des bidonvilles et Ramona Montiel, la prostituée au grand coeur que le peintre mit en scène dans de gigantesques collages et assemblages faits de rebuts de la société qu’il critique. Le rez-de-chaussée présente également l’art précolombien, plusieurs œuvres de la collection Bemberg, ce même Argentin qui a doté l’hôtel d’Assézat à Toulouse de tableaux merveilleux. Au second étage, une exposition de photographies ; sur la terrasse des sculptures remarquables d’artistes argentins du début du XXeme.

Mercredi 4 novembre.

Nous partons toutes les trois vers Ituzaingo, ville voisine où Elena doit voir son ophtalmo. Il y a foule’ dans la salle d’attente. Elena se fait enlever le dernier point de suture après l’opération de la cataracte ; puis nous partons vers un café-restaurant dont le « garçon » a l’habitude de leur servir une boisson. Il vient à leur rencontre, les embrasse ; on s’installe à table ; et comme il est midi, nous demandons les fameux sandwichs grillés qui n’existent pas en France. Avis à ceux qui cherchent à créer une entreprise ! S’ils arrivaient à fabriquer ce produit, leur snack ne désemplirait pas, c’est sûr. C’est très simple. Faut fabriquer un pain fait surtout de mie (cube de 25cm de haut et de large, sur 50cm de long.) Ensuite, faut découper le cube en tranches très fines (celles de nos croques monsieur sont trois fois plus épaisses), enlever la croûte, les habiller de beurre, jambon d’York et fromage, et, dernière opération, griller le tout…Les présenter au client découpés en deux en forme de triangle. C’est un délice croyez-moi ! D’aucuns me reprochent de trop parler de « bonne bouffe » . Qu’est-ce qui les dérange donc ? Je viens d’un pays où, se réunir autour d’une table pour un repas, c’est très important. La moindre occasion est bonne pour se retrouver autour d’une pipérade, d’une grillade, de taloak (galettes de maïs chaudes, garnies de ventrêche ou de jambon etc)…Manger en dégustant est un grand plaisir, surtout par les temps qui courent…Je vais en parler au boulanger de mon quartier…Le garçon pose avec nous pour une photo-souvenir ; encore une embrassade et nous voilà reparties pour prendre un autobus Mercedes-Benz pétaradant de plus belle

Ensuite nous prenons notre petit train et le métro, pour arriver une heure et demie après, au cimetière de la Recoleta dans la capitale. C’est un cimetière aussi célèbre que celui du Père Lachaise. Un vrai village : 4800 tombes sur une surface de 54.843 mètres carrés.! En entrant par le grand portique de style dorique, on nous remet un livret où il nous est recommandé de garder le silence et d’adopter une attitude décente, par respect pour les morts et pour leur famille. Ce cimetière fut dessiné par le français Prosper Catelin à l’initiative du ministre Bernardino Rivadavia et inauguré en 1822 dans le quartier chic du même nom : architecture funéraire superbe du XIXeme et XXeme siècle, une des attractions touristiques à succès de Buenos Aires. Rues à travers des tombes en pierre ou en marbre très hautes. La plus vénérée est bien sûr celle d’Evita Peron. Il ne se passe pas un jour sans qu’un Argentin y dépose des fleurs et vienne la prier. Sur une des plaques souvenirs, sa célèbre phrase prononcée quand elle était déjà très malade :  « volveré y…seré millones ! ( je reviendrai et…je serai des millions ! allusion à la foule qui suivrait ses traces !)

Dans ce cimetière sont enterrées des personnalités très connues, tels les présidents de la République Sarmiento, Hipolito Irigoyen, Raul Alfonsin, des écrivains et des poètes tel José Hernandez, l’auteur du célèbre ouvrage Martin Fierro ; en voici deux citations : « L’amour comme la guerre, on les fait avec des chansons ! »-« il n’est pas rare qu’il manque à l’un ce que quelqu’un d’autre a en trop ! »…Maria est choquée par le nombre croissant de tombes abandonnées. Beaucoup de noms arméniens, italiens, basques…

Une particularité de ce cimetière : la quantité de chats errants qui y habitent en permanence, couchés sur les caveaux ou à l’ombre d’un jacaranda. De vieilles dames viennent leur apporter des croquettes et de l’eau tous les jours.

Au retour, nous passons par la gare « Retiro » d’où partent des centaines d’autobus vers tous les coins d’Argentine et d’Amérique Latine. Maria m’avertit :  « surveille bien ton sac ; ça vole beaucoup dans le coin ! » Sur le trottoir des centaines d’étalages illégaux ; beaucoup de Chinois et de Coréens. Le gouvernement a formé une équipe « l’UCEP » pour dégager la voie publique. Habillés d’un uniforme noir, ils agissent surtout la nuit, entre 23h et 6hs du matin. Le journal Pagina 12 du 27 octobre 2009 dénonce leurs manières d’agir : il s’agit plutôt de « chasseurs de pauvres » ; ils attaquent les sans logis, à l’heure où ils dorment, volent le peu qu’ils ont, les brutalisent et repartent. « Nous avons restauré l’espace public » disent-ils, fiers de leur travail.

J’achète le billet pour Mar del Plata, ville située à 400kms au sud de Buenos Aires.

Pour les Argentins c’est « ahicito no mas ! », (ce qui signifie :  « c’est tout près !»!) Dans cette ville balnéaire vivent mes cousins Pili et Raul ; je vais passer trois jours chez eux la semaine prochaine. Au guichet, Maria demande si le voyage dans ces autobus ne présente pas de risques ! L’employée nous répond avec un sourire qui en dit long : « nos bus sont très bien ; mais nous ne répondons pas de ce qui peut arriver durant le trajet ! » En effet, parfois, des voleurs montent dans l’autobus à la gare de départ, dévalisent tous les passagers, arrêtent le véhicule et s’enfuient avec leur butin. A la grâce de Dieu !… (soit dit en passant l’aller-retour- 800 kms- me coûtera environ 35 euros)

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Pour revenir à Hurlingham, nous prenons le train de la ligne « ferrocarril San Martin » qui autrefois allait jusqu’à Mendoza et San Juan (nord ouest) Depuis la privatisation par le président Menem,(1999) tout s’est dégradé et le ferrocarril San Martin est maintenant un petit train qui arrive péniblement jusqu’à Pilar (55kms) en desservant quelques localités du grand Buenos Aires. Les autres lignes –Roca, Sarmiento, Belgrano, Mitre, Urquiza etc…-souffrent de la même situation. Après avoir traversé le quartier chic de Palermo et ses dizaines de terrains de tennis en bordure de la voie, je regarde, ahurie, les kilomètres de bidonvilles, certains cachés par un mur. Des tonnes de déchets gisent lamentablement, répandant leur puanteur sur tous les voyageurs. Dire que des milliers de femmes, d’hommes, d’enfants vivent au cœur de ces ordures, sous la tôle de leurs toitures, par des chaleurs torrides, des pluies diluviennes, le froid et l’humidité ! J’ai honte, honte de mon bien-être, honte de nos protestations et réclamations de gens aisés. Je pense à la dernière Assemblée Générale de mon association de quartier où la demande la plus urgente était « des caméras de surveillance à tous les coins de rues » pour échapper aux voleurs. Une chose est sûre ; plus la misère augmente, plus la violence augmente…et pour ça, il n’y a plus ni noirs, ni blancs, ni bronzés : on se ressemble tous…Nous réagissons tous de la même manière. Là-bas comme ici, les plus grands envoient des enfants sur le devant de la scène. La surveillance policière ne résoudra aucun problème, ni ici, ni là-bas Comme me l’a dit une habitante des pays du sud : « vous ne perdez rien pour attendre… »

Jeudi 5 novembre

Journée chez Yoli, la belle-sœur d’Elena. Elle nous invite pour un asado dans un restaurant de son quartier. Je sais maintenant que je n’ai pas perdu le goût ; c’est notre viande qui n’en a plus !… Aujourd’hui le métro est en grève. La section CGT des Transports UTA est en crise. Un groupe ne supporte plus que ses chefs soient à la solde du gouvernement. Ils veulent créer leur propre section. L’UTA et l’Etat refusent leur départ. Vitres des wagons cassées, affrontements violents entre les deux camps qu’un groupe de policiers casqués tente de séparer.

Nous faisons halte dans un petit magasin tenu par des jeunes très sympathiques qui vendent des produits fabriqués par les artisans du pays et pratiquent « l’économie solidaire ». Nous leur achetons quelques objets.

Vendredi 6 novembre.

Journée de repos, de lessive et petits travaux ménagers.

Samedi 7 novembre

Le soleil a disparu; nuages et menace de pluies. Elena et Maria ont deux billets pour la finale de polo qui a déjà été retardée une fois pour cause de mauvais temps. Nous surveillons le ciel. Finalement, après un coup de fil aux organisateurs, nous nous dirigeons Elena et moi vers le fameux champ de polo d’Hurlingham. A l’entrée, dans une des tentes, l’exposition de casques donnés par des joueurs célèbres et artistiquement décorés par des artistes peintres de renom. Actuellement, les dix meilleurs « polistes » du monde sont argentins. Le polo –introduit en Argentine par les Anglais- est un jeu entre deux équipes composées chacune de quatre partenaires à cheval qui doivent réussir à introduire une boule en bois (una bocha) sous l’arc du camp opposé. Chaque joueur est muni d’un « taco » (une batte en français ?) qui lui sert à manipuler la balle ; il ne peut le faire que de la main droite, la gauche manoeuvrant son cheval. La partie comprend 7 à 8 chekkers de sept minutes avec des intervalles de trois à cinq minutes. Très souvent le joueur change de cheval. Il faut avouer que la pauvre bête est soumise à des exercices de sveltesse et de promptitude qui vous coupent le souffle : 1/3 de tour,1/4 de tour, ½ tour, suivant les caprices de la balle. Le spectacle le plus époustouflant est le moment où deux cavaliers adverses foncent vers le filet à la vitesse d’un éclair. On croirait assister à une scène de western. Ce jour-là, Ellestrina affrontait La Aguada. Ils ont terminé 12 à 14 en faveur d’Ellestrina qui a reçu la coupe sous les applaudissements de la foule. Au milieu de la partie, un cavalier de La Aguada a reçu un coup de batte sur la jambe. Ambulance, médecin, murmures dans la foule. «  C’est fichu pour aujourd’hui ; la finale va être interrompue.» A notre grande surprise, dix minutes après, le cavalier blanc est remonté sur son cheval et nous avons pu assister à la fin du spectacle. A chaque instant, je demandais aux gens : « croyez-vous que le cheval souffre beaucoup ? » Il faut dire que ses pattes sont protégées contre les coups alors que les joueurs ont seulement des bottes de cuir…Ma question les scandalisait : « bien sûr que non ! Ils sont choyés, gâtés par leur propriétaire qui ne fait qu’un avec ses bêtes ! Vous avez bien vu qu’ils ne jouent pas plus de dix minutes ! Ils vont de par le monde dans des avions spéciaux etc… » Je voudrais quand même savoir comment se passe le dressage ; ça ne doit pas être amusant pour le cheval. Et le doute persiste…Ce qui est sûr, c’est la richesse qu’acquièrent les joueurs. « ils sont tous millionnaires » affirmaient les gens autour de moi. En se frayant péniblement un passage au milieu de la foule, nous arrivons à la légendaire 2CV d’Elena, non sans avaler rapidement une boisson dans le bar du coin, question d’étancher notre soif et de faire disparaître les émotions suscitées par cette partie dans la province de Buenos Aires, capitale mondiale du polo.

Dimanche 8 novembre

A neuf heures du matin, je monte dans le bus à la gare Retiro. C’est un véhicule très confortable aux fauteuils de cuir noir. On nous sert toutes sortes de biscuits dont des « alfajores » au dulce de leche, spécialités de Mar del Plata. La route est calme ; les bandits n’ont pas rejoint les passagers. On peut sommeiller en toute tranquillité, à moitié couchés sur nos sièges douillets. Le paysage défile devant nous. Nous pouvons boire du café à volonté. Je vois défiler des kilomètres de plaines verdoyantes où paissent des milliers de vaches. Les jacarandas commencent à fleurir ;c’est tout bleu comme le ciel ; nous sommes au printemps. Les eucalyptus géants bordent la route. De temps en temps une demeure de grand propriétaire au bout d’une allée bordée d’arbres. Aux alentours, les ranchos des ouvriers agricoles. Vers 13hs, j’arrive à l’endroit indiqué :la Rotonda Constitucion…J’avais peur que le chauffeur oublie cette halte ; mais d’autres voyageurs veulent descendre au même endroit. Pili et Raul m’attendent avec leur voiture. Grandes embrassades. Un repas délicieux m’attend dans leur villa gardée par deux féroces mastodontes qui me montrent leurs crocs à travers le grillage qui me sépare d’eux. L’après-midi il me font visiter la ville ; elle a environ 70.000 habitants, mais en abrite plus de 3 millions quand arrive l’été. Sur les plages de Mar del Plata, immenses, commencent à se dresser des centaines de tentes que les familles louent pour trois mois d’été. Leur location est coûteuse : presque l’équivalent de 700 euros pour la saison entière. Logements accessibles à toutes les bourses : hôtels très bon marché appartenant aux syndicats, bungalows, chalets, camping, estancias qui garantissent des services de qualité Sur toute la côte, on trouve à peu près 1200 kilomètres de plages. Mes cousins me font visiter la ville. Elle est immense. Ses rues sont bien entretenues. Parcs et jardins fleuris, arbres à la taille impressionnante, les bougainvilliers ornent la plupart des constructions. On voit que la ville attend ses touristes. Son casino- le plus grand du monde-disent les Argentins, ressemble étrangement à « l’hôtel du Palais » de Biarritz ; d’ailleurs cette ville est appelée le Biarritz d’Argentine.(aucune comparaison possible quant à leur superficie respective !) Nous allons jusqu’au port. A ma grande surprise, je peux y contempler des loups de mer, grosses masses de chair prenant le soleil sur les rochers brûlants. De temps en temps éclatent entre eux des bagarres violentes, surtout lorsqu’un nouveau loup veut monter pour trouver une place. Certains portent des cicatrices de vieux combattants! Je me demande d’ailleurs comment ils se débrouillent pour grimper sur les rochers et pour se plaire dans cette eau polluée par le pétrole des bateaux. Les cousins me disent qu’ils sont abondamment nourris par les pêcheurs de retour au port sur leurs barques multicolores, lorsqu’ils font le tri de leur prise. Généralement, ils dégagent une forte odeur, mais ce jour-là c’est très supportable. Des poissonneries vendent leur produit frais tout au long du quai. On se croirait en Bretagne. En passant devant une plage Pili et Raul me disent qu’à cet endroit s’est suicidée leur célèbre poétesse Alfonsina Storni, en se jetant dans la mer.

Je me dois de signaler que cette ville fut fondée par un Basque de Basse Navarre, Pedro Luro qui acquit en Argentine une fortune considérable. La principale avenue porte son nom.

La soirée est occupée par la finale du match de foot qui oppose la Boca à une équipe de Santa Fe. Ils terminent 0 à 0, au grand dam des cousins qui sont des fans de Boca junior.

Le lendemain, lever tardif et départ pour un restaurant : « asado » à 25 kms de la ville, en pleine campagne. Ce restaurant ; renommé pour sa cuisine traditionnelle, s’appelle « La Delfina ». Ses salles sont combles. Au retour nous faisons une halte à la Laguna de los Padres. Aux abords de ce lac entouré de forêts de pins et d’eucalyptus géants, on peut visiter une reconstitution du village où les jésuites travaillèrent avec des chefs indiens de tribus du Sud-Est, avant d’être expulsés de tout le pays : petites maisons aux murs de terre cuite et toits de chaume ; cimetière des trois religieux et de leurs compagnons indiens, petite chapelle… C’est émouvant. A quelques kilomètres de ce lieu très fréquenté par les touristes et les gens de Mar del Plata et des environs, de nombreux magasins d’artisanat argentin ; bâtiments en bois avec escaliers qui permettent l’accès à différents balcons ; magnifiques vues sur la vallée…

Lundi 9 novembre.

Deux souvenirs inoubliables :

1.la visite du Musée de la Mer : au sous-sol, on croit se promener dans une grotte sous-marine : grands aquariums avec de nombreuses espèces de poissons ; on a de la peine à distinguer particulièrement les raies aplaties au sol, de la même couleur que les rochers ; anémones, étoiles de mer et petits poissons que l’on trouve au bord des côtes de Mar del Plata, collés à la roche. Au premier étage, une collection remarquable de coquillages du monde entier, véritable patrimoine culturel pour la ville, don de la veuve de Benjamin Sisterna(1914-1995) un passionné qui les recueillit lors de ses vingt-six voyages, explorant les plages, les rivières et les terres de plus de cinquante pays du monde. L’apparition de ces mollusques date de 560 millions d’années. Il paraît qu’ils n’ont pas beaucoup évolué, contrairement à la plupart des autres espèces animales. En tout cas, on reste fasciné par la beauté de leurs formes variées et de leurs couleurs chatoyantes.

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2.Le deuxième souvenir inoubliable est le temps passé dans la petite école d’enfants du bidonville dont ma cousine Pili est l’une des institutrices. Ces gosses sont d’une rare beauté. Pourtant ils restent marqués par la souffrance due à leurs conditions de vie déplorables. Ils viennent à l’école pour pouvoir manger à midi et à quatre heures, mais aussi – et peut-être en premier lieu – pour recevoir la tendresse de leurs maîtresses à qui ils confient leur vie quotidienne dans toute sa cruauté. Ainsi Pablo dont la mère a quitté son mari après des années de coups de poings et de coups de pieds journaliers; après le départ de la mère, le père a violé sa fille aînée. Pablo et sa sœur ont quitté le rancho paternel; ils sont seuls et se débrouillent comme ils le peuvent pour survivre.

Pili a exposé une carte du monde sur le grand tableau vert et elle m’a demandé de raconter mes voyages à travers l’Asie et l’Amérique Latine. Ces petits ont écouté, les yeux noirs grands ouverts, silencieux et immobiles. Puis les questions ont fusé de toutes parts ; j’étais très émue. Deux des gosses ne font jamais rien. Pili écrit des questions sur le tableau. Ils s’amusent ; l’un d’eux, un môme de 11 ans, me dit : « Pourquoi travailler ? Ca ne me servira à rien ! Tiens ! lis plutôt le texte de cette chanson ! » C’’est un chant d’amour. Il me regarde, les yeux pleins de malice. Je lis : « quand ton corps est contre mon corps, je ne peux plus me contrôler ! etc… » je lui dis que c’est beau; il est content. Ils m’invitent à goûter au réfectoire : photos, embrassades…Pili me présente à la directrice. Elle me fait visiter la salle qui sert de bibliothèque. Elle m’apprend que la multinationale Monsanto leur fournit livres scolaires et comtes pour les gosses. Devant mon air ahuri, elle ajoute. « Oui, on sait les désastres causés par eux dans notre pays : OGM, semences qui donneront des plantes dont les graines seront stériles, pesticides refusés en Europe et écoulés chez nous. Mais sans eux, nous n’aurions pas de livres… ». D’autres Argentins me diront que toutes les multinationales présentes dans le pays agissent de la même manière. Ainsi Barrick Gold qui exploite des mines à grande échelle et s’apprête à détruire un glacier : c’est eux – ces assassins- qui remplacent gratuitement les toitures en tôle emportées par les vents violents de la Cordillère, tout en empoisonnant des zones entières lors des extractions minières.

Depuis ce jour, j’ai sans cesse dans ma tête et dans mon cœur les visages de ces petits dépourvus d’affection et dont le regard semble vous dire : « Pourquoi nous ? Qu’avons-nous fait pour mériter un tel sort ? » Entre autres récits, Pili me cite le cas d’un petit de 12 ans qui arriva un matin avec son tablier blanc couvert de taches noires « Qu’as-tu fait pour être déjà sale ? » -Il répondit le plus naturellement du monde : « Ce matin j’ai aidé mon papa à voler des pneus…C’était très lourd… »

En revenant de l’école, Pili m’amène à une exposition de « muralistas », ces peintres de la rue qui dénoncent les situations sociales injustes, les abus des puissants. Ce mouvement naquit au Mexique au XXème siècle. Le plus célèbre d’entre eux est le peintre Diego Rivera, celui qui illustra, en 1950, « El Canto General » de Pablo Neruda ! L’art des muralistes fut nourri par la volonté d’inculquer des rudiments d’histoire et de fierté nationale aux masses analphabètes. Malheureusement, nous sommes arrivées au lieu de l’exposition au moment de la fermeture. Nous avons seulement admiré les quatre peintures de la cour extérieure, capables de résister aux intempéries.

Mardi 10 novembre

Je quitte mes cousins avec regret ; ils m’ont tellement gâtée ! Comme je voudrais dire aux petits français le sort de leurs camarades argentins du bidonville. Ils auraient tellement à apprendre de ces gosses ! Possibilité à étudier….

Maria m’attend à la gare très longtemps, pour cause de confusion dans les horaires d’arrivée. Après-midi de repos.

Mercredi 11 novembre

Gaby, une nièce d’Elena, vient me voir. Elle est comédienne et connaît bien le théâtre-image d’Augusto Boal. Je lui ai fait parvenir la traduction de la scène sur « l’eau, bien public » que nous voulons jouer à Toulouse le 27 mars 2010. Nous passons deux heures à mettre au point les gestes, les danses, les accessoires…Je suis vraiment très heureuse de cette précieuse collaboration. Les collègues français du CCFD avertis par e-mail sont ravis. ils répondent pour remercier la nièce ; elle s’appelle Gaby Véritier. Nous la tiendrons au courant de nos répétitions et des réactions des futurs spectateurs…

Jeudi 12 novembre

Visite à un vieil ami que j’apprécie beaucoup : le père Somma ; c’est un religieux que j’ai connu lors de mes années argentines et avec qui j’ai travaillé de 1962 à 1968. Bonheur de le revoir. Il a dépassé les 80 ans, mais travaille toujours. Il est directeur d’un collège technique à Buenos Aires. Les ateliers de l’établissement sont impressionnants ; on dirait une véritable usine. Il nous reçoit longuement dans son petit appartement du troisième étage (sans ascenseur !) : boissons, plateau de fruits divers pelés et coupés. Un délice. On sait qu’il y a peu de chances qu’on se revoit ici-bas : au moment de se quitter, regard plus intense, nostalgie. J’ai ressenti la même tristesse au Laos, en quittant le Pho Boua, l’ancien chef du village laotheung où j’avais vécu trois ans. Il est mort l’an dernier. « C’est la vie ! » dirait mes amatxi basques.

Vendredi 13 novembre

L’après-midi nous recevons les nièces de la sœur Montserrat, celle dont j’ai parlé dans le livre :  « Je marche à leurs côtés », celle qui a recherché longtemps ses amies Léonie et Cathy, disparues durant la dictature de Videla. L’une des nièces est poétesse. Nous remémorons le passé. Elles étaient enfants quand je les ai connues. Après leur départ, Maria m’amène chez la dame qui m’a tricoté un magnifique gilet bleu roi, fait sur mesure. Je ne sais combien elles l’ont payé, car Maria m’a priée de sortir dans la rue au moment de régler la facture. En France, tout le monde regarde ce pull avec envie et j’en suis très fière.

Samedi 14 novembre.

Thé « dînatoire » chez Marta, la sœur d’Elenita, au centre-ville. C’est le jour tant attendu de la soirée « tango ». Nous avons retenu trois places au  « Viejo Almacen », ancienne épicerie-buvette, bâtiment de style colonial près du quartier San Telmo, où les hommes du voisinage venaient boire un verre en tapant le carton et en refaisant le monde « Lieu incontournable de la capitale »,autrefois lieu de la communauté, de la convivialité du faubourg, disent les guides touristiques. Il daterait de 1978. Entre autres caractéristiques, il ne présente pas « d’ochava » ce pan-coupé qui se retrouve dans les bâtiments d’angle de la capitale et des environs. La maison où j’ai vécu six ans à Moron en avait un ( c’est de là que le ramasseur de bouteilles me réveillait tôt le matin par son cri : «  botellero ! »)

Le musicien Edmundo Rivero y installa une « tangueria » en 1969. Dans la grande ville « où se rendent tous ceux qui ont perdu l’espoir », ce lieu accueillit bien des hommes célèbres, tels Anibal Troilo, Horacio Salgan, Roberto Goyeneche, et la fine fleur du tango des années 70-80. il y a quelques années, la maison a même reçu la visite du roi et de la reine d’Espagne. Ce fut un spectacle très beau d’une heure cinquante, avec tango (quatre couples de danseurs stupéfiants !) et musique de l’Altiplano avec le groupe Antara. Nous y serions restées volontiers plus longtemps ! Je ne puis m’empêcher de retranscrire quelques vers d’un tango célèbre : « la ultima curda » ( la dernière cuite ) ; l’auteur parle à son bandoneon :

« Mes souvenirs coulent goutte à goutte/distillés par ton triste grognement/ elle m’enivre ta liqueur/et fait cavaler mon cœur/pendant que je prends ma dernière cuite/que le soleil brûle avec son lent défilé de rêves/ Ne vois-tu pas que je viens d’un pays où tout s’oublie/ dans les brumes de l’alcool… »

Nous dormons chez Joly car il se fait tard et nous rêvons de danses et de musique…

Lundi 16 novembre.

C’est mon dernier jour sur la terre argentine. Nous avons réservé ce temps à une visite très importante : celle du foyer San Juan de Dios qui accueille des handicapés.

Maria y travaille comme bénévole. Elle est là avec ses copines habillées de rose. Nous faisons la connaissance de plusieurs résidents. Ce qui frappe immédiatement ce sont les liens de tendresse qui unissent les bénévoles aux malades. Rien à voir avec une attitude « compatissante » dans le mauvais sens du terme ; il s’agit de relations qui respectent la dignité de l’handicapé et le considèrent comme une personne humaine à part entière. La « pitié » est bannie Ca me donne envie de m’engager de la même manière dans un établissement toulousain. Maria me donne le règlement de ce service de bénévoles : En voici quelques aspects fondamentaux : respect de la dignité humaine, promotion de l’individu, droit à l’autodétermination, compréhension, affection et aide ; respecter et se faire respecter ; aucune distinction de religion, nationalité, position sociale ou idéologie politique, assister à un cours préparatoire à cette fonction etc…

Nous dialoguons avec de grands malades. Je suis sûre que l’on apprend beaucoup auprès de ces êtres souffrant physiquement et moralement, l’abandon par leurs proches augmentant parfois la solitude que créent la différence et l’handicap.

Je boucle mes valises avec l’aide d’Elena qui est spécialiste dans le rangement de bagages trop pleins. On réussit à boucler le tout sans dépasser les vingt kilos permis par la compagnie d’aviation.

Mardi 17 novembre

Mariana me raccompagne à l’aéroport. On veut abréger la séparation pour ne pas laisser à l’émotion le temps de « déborder »…Me voici en voyage pour une durée de trente heures, avec une escale de deux heures à Sao Paolo et une autre de dix heures à Londres. Je crois que je n’ai jamais été aussi fatiguée de ma vie…J’ai mis dix jours à récupérer mon état normal; je sais,( bien qu’elles ne me l’aient pas dit)- que mes copines ont eu besoin d’un temps de repos après tout ce qu’elles ont fait pour moi. J’ajoute aussitôt : « je n’ai jamais fait un voyage aussi beau dans ma vie, aussi enrichissant, aussi émouvant, aussi… », bref, je suis prête à recommencer. En attendant de se revoir, cette fois à Toulouse, Maria, Elena et moi-même nous nous écrivons presque tous les jours par courrier électronique. Je leur redis ici mes remerciements chaleureux et ma grande affection.

Toulouse le vendredi 4 décembre 2009

Ecrit par gaby dans : Non classé |
26
sept
2009
0

dates de rencontres: les chemins de l’exil

 

  12 octobre: radio Occitania: 60 rue Assalit 31500 Toulouse :

émission “résonances”, de 19h à 20h. au  Mhz :98.4

21 octobre: radio Moun Pais: place St Sernin: (Mhz  90.1) à  17h.Contact: Jo Peron     tel. 0561911471

14 novembre: salle Sénéchal à Toulouse: table ronde avec participation d’exilés dans le cadre de la semaine de la Solidarité.

11 janvier 2010: au “club humaniste,” dans une salle de l’église Ste Germaine  .             M° St Agne.

15 janvier 2010: rencontre à la Maison de Quartier de Bagatelle vers 20h. Repas après la “table ronde.”

pour tout renseignement; Gaby Etchebarne: 0561580814

Ecrit par gaby dans : Non classé |
15
juil
2009
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Dimanche 23 AOÛT 2009* Salon du Livre à 46260 La Ramière

Un salon du livre aura lieu à la Ramière; plusieurs auteurs présenteront leur livre. Gaby Etchebarne et Cathy Mayor y seront présentes.Pour tous renseignements téléphoner à  Christian Oulès:0565315407.

Ecrit par gaby dans : Agenda |
02
juil
2009
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Vendredi 16 octobre: médiathèque de Lauzerte -Tarn et Garonne

 

Gaby et Cathy présenteront leur livre “les chemins de l’exil” à la médiathèque de Lauzerte à 21heures.

Ecrit par gaby dans : Agenda |
17
juin
2009
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Mercredi 17 juin librairie Ombres Blanches à Toulouse

A 18 heures,50 rue Gambetta, Gaby présentera son nouveau livre, écrit avec Cathy Mayor LES CHEMINS DE L’EXIL

Ecrit par gaby dans : Agenda |

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